DALMATA

Dans le cœur du quartier de Montorgueil se cache une jolie adresse où l’on se régale à l’italienne. Le concept de Dalmata est simple: Dalmata signifie “Dalmatien” et comme pour les 101 dalmatiens, la pizzeria ne fait pas plus de 100 pizzas par service !
Ce qui est certainement déjà beaucoup, mais il y a eu des cas de figures où des personnes en fin de service se sont retrouvées sans pizza au moment de la commande. Après, la carte offre beaucoup d’entrées: une Bufala à tomber par terre, une réinterprétation de la Parmigiana avec un French Touch ( NdA La parmigiana c’est le même principe que les lasagnes mais vous remplacez les pâtes par des aubergines qui sont panées dans la farine puis frites ) . “La vraie pizza, ça se mange avec les mains. “ cette phrase, Cesare l’avait répétée au moins cinq fois à Justine depuis qu’ils s’étaient connus. C’est un phrase que quasiment tous les italiens du Centre-Sud disent quand ils voient quelqu’un prendre un couteau et une fourchette pour manger une belle pizza sortie du four.

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Pour toutes les photos sur ce site ©Vincent Bridenne

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-“ Alors Paris, pas trop dur?” demanda Justine à Cesare. Il s’y était installé il y a presque un an pour travailler en tant que développeur web.
-” Franchement ça va” dit-il ” le temps est dur à encaisser, notamment le gris… mais c’est la seule chose qui m’affecte vraiment, en comptant aussi le fait de devoir faire des queues dans les resto pour manger!!!” il alla dire bonjour à Francesca, une charmante Napolitaine qui était au comptoir , et qui savait donner les meilleurs conseils sur quoi manger chez Dalmata. Il demanda une “Margherita 2.0”, une pizza Margherita mais avec de la mozza fumée, chose rare à trouver à l’étranger. Justine, elle, était très attirée par les mozza sticks faits maison et le tiramisu version French touch avec de la ricotta à la place du mascarpone. Francesca les invita à s’asseoir dans l’attente et leur donna un verre de limoncello.

-” Il n’y a pas de queue chez vous ?” demanda-t-elle

-” Pas comme ça! ici c’est la folie ! tu vas dire à un italien : va faire 1h30 de queue dans le froid pour bouffer, le mec il t’envoie chier!” il se passa la main entre les cheveux “tu te rends compte? en 1h30 on fait les courses et on se fait un plat de pâtes à la maison!”

-” En fait… nous, les Parisiens… on a pas envie de faire les courses et de cuisiner… c’est pour ça que on est prêts à attendre… mais c’est vrai c’est fou quand tu y penses… j’avais jamais tenu en compte l’option de faire les courses!”

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Cesare ne comprenait pas vraiment cette logique, mais cela faisait partie des différences culturelles. Il avait beaucoup voyagé et était très loin des clichés que l’on colle aux italiens : dragueurs, qui ne mangent que des pâtes et qui ne font que hurler et parler avec le mains. Il avait vécu au Japon et le mode de vie là bas, très intense et réservé, lui avait beaucoup enseigné. Le Japon lui avait appris à observer et écouter.

Justine au fond d’elle pensait que Cesare l’avait invitée pour essayer de se rapprocher plus et lui faire du charme avec ses grands yeux noirs, et elle resta étonnée ( et au fond d’elle déçue peut-être ) de voir qu’il était là pour parler, pour lui demander de lui expliquer Paris, une Paris vécue par une vraie Parisienne.

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-” C’est bête les clichés” dit-elle avec un regard mélancolique en dégustant son tiramisu “ les italiens ont des clichés sur nous?”

-” Pas que je sache… ce sont des choses bêtes, liées au foot ou à l’ignorance en général je dirais… pour te donner un exemple… beaucoup d’italiens ne comprennent pas comment vous pouvez prendre soin de vous sans un bidet”
-” Bah on se douche!”
-” Heureusement! “ il rigola “ …mais certains italiens utilisent le bidet plusieurs fois par jour en plus de la douche… ce sont vraiment des différences culturelles en ce qui concerne l’hygiène…. des petites choses qui contribuent à créer d’autres clichés”
Parler était agréable, ils se promenèrent dans le quartier de Montorgueil. Le temps passa tellement vite que la nuit arriva sans qu’ils s’en aperçoivent. A’ ce moment là, Justine réalisa que c’était la première fois, dans sa vie de femme adulte et indépendante, qu’elle sortait avec un mec sans aucune intention derrière. Cesare était curieux et s’arrêtait voir des choses qu’elle n’avait jamais vraiment regardé. Il avait pris en photo des détails de Saint’Eustache, entièrement rénovée… Cesare était intrigué par la structure de l’église, complètement atypique. Elle avait fini par l’observer comme un animal sauvage, attirée par son comportement naturellement détaché et son regard vif et profond.

Elle l’aurait décidément invité à sortir de nouveau.

 ALCAZAR

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Le Pré Catelan

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