TOMY GOUSSET

Il faisait un froid canard dehors quand Laurence entra Chez Tomy. "Life is Food" .... c'est la première chose qu'elle a vu une fois rentrée. Elle trouvait le logo super sympa, la typo très simple. Une fille très aimable lui ôta son manteau en un clin d’œil et l'installa a une table ronde, avec une banquette en velours vert super confortable et chaleureuse.  La déco était simple et recherchée en même temps. Au mur, des peintures de légumes avec leur noms, comme si on voulait leur rendre hommage et en même temps éduquer de grands enfants à la simplicité rurale. 

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Cela réconfortait énormément Laurence: il y avait un air bucolique Chez Tomy. Un bucolique citadin sans trop de chichis. ça faisait du bien de voir ça dans Paris.

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Hugo et Robert, avec leur 5 minutes de retard ( leur marque indélébile comme couple ) eurent le même accueil chaleureux. Laurence était heureuse de les retrouver dans ce décor qu'elle trouvait silencieusement approprié : Hugo n'était plus en contact avec ses parents et Laurence, sa sœur, avait tout essayé pour remettre les "choses en place"... 

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Comme si il y avait des choses à remettre en place, comme si forcément quelque chose avait dû été brisé en mauvaise fois. Elle serra fort Hugo dans ses bras, puis Robert.

Laurence avait invité leur parents aussi, mais après 20 minutes d'attente, ils avait tous compris, sans devoir le verbaliser, que la soirée au final n'aurait été que pour eux trois.

"Il n'y a pas pire sourd que la personne qui ne veuit pas écouter" soupira Laurence "allons-y les gars !"

On leur apporta le Menu, et tout de suite ils se laissèrent tenter par le Menu dégustation à 68€ , avec accord mets et vin à 45€ en plus. 

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Dès l'entrée, une danse de saveurs mariées entre ciel et terre les emporta. 

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Des tableaux avec une poudre impressioniste parfumée. 

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-" J'aime bien parce que ce n'est pas un raffinée plein de soi" dit Robert les yeux fermés, après avoir senti le radis fondre sur sa langue. Il secoua la tête car Hugo rigola:
-" C'est bon là!  le blanc commence à agir: 'Messieurs Dames bonsoir!!!' M'sieur Robert critique culinaire vous présente ce soir le parcours cathartique du radis!! la dépression d'une pétale qui caresse le persil, et blah blah blah bois ton vin plutôt là!"
-" Non mais il a raison ! Hugo arrête de faire ton brut, toi!" Laurence le poussa gentiment " t'es con ! " puis ils rigolèrent tout les trois. Il y avait une bonne synergie entre eux, et Laurence sentait bien que elle avait en face deux âmes qui s'étaient trouvées, et qui se fondaient l'une dans l'autre.

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Leur parents n'approuvaient pas le mariage gay. Pour ça ils n'étaient pas venus. 

Pour tout dire, ils n'approuvaient pas l’homosexualité en elle même. Issus d'une éducation catholique, ils ne s'étaient jamais posés la question par rapport à qui était vraiment Hugo. Laurence, de son coté, avait essayé d'aborder le sujet maintes fois, mais trouvait toujours en face d'elle un mur. "C'est péché", "c'est pas normal, Laurence" lui répétait sa mère.

Pour elle, la seule chose anormale, c'était de voir une mère, sa mère, rejeter son fils car il était tombé amoureux et avait annoncé son futur mariage.

Au yeux de Laurence, hommes et femmes n'était qu'une sorte d'enveloppe. Le bien ou le mal n'y étaient pour rien: peut importe l'enveloppe que l'on aime, car au final c'est l'âme qui compte. 

Le monde dans lequel elle était immergée ne tenais qu'aux apparences : hommes ou femmes, tous étaient victimes d'un lavage de cerveau tout au long de leur vies qui les empêchaient ensuite de se regarder vraiment dans les yeux. De se découvrir. Elle avait eu son moment de rédemption grâce à son frère, où elle s'était remise en question par rapport aux questions fondamentales de la vie. Et la réponse était simple: leur parents étaient bien trop bornés pour accepter que l'amour pouvait avoir d'infinis visages. 

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Sous les voiles de truffes, les saveurs intenses, des champignons à en tomber par terre, les trois se regardaient dans les yeux et souriaient. C'était vraiment bon. Une bonté authentique. 

-" Maman aurait adoré ce plat" songeât Hugo à vois haute en trempant son pain dans la sauce.
Laurence leva la tête au plafond, respira un bon coup. Elle les regarda pour instant. C'était la grande sœur. Elle avait toujours protégé son petit frère. 
" Hugo... quand on était gosses et tu tombais, tu pleurais tout de suite. Parfois, j'avais la sensation que tu commençais à chialer avant même d'être tombé" Robert sourit, Laurence continua " Nos parents, c'est nos parents, on les a pas choisi... mais avant d'être nos parents, ce sont des personnes, des être humains... des gens, comme les autres... et gens Hugo, ils se trompent, ils ignorent beaucoup de choses, ils blessent, que cela soit à cause de la peur ou de la souffrance" elle termina son vin: " ne t'accable plus sur cela. Je n'y crois pas que tout s'est terminé le jour où tu lui a révélé ta personne". 

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Ils étaient bouche bée par rapport à la qualité des mets et des prix. Au dessert, ils étaient tous bien convaincus qu'il s'agissait d'un des meilleurs restaurants de Paris pour la convivialité, la qualité des aliments, la composition, le service accueillant et ouvert. 

Ils terminèrent leur vin en parlant de mariage... Hugo et Robert annoncèrent qu'ils avaient loué une péniche pour fêter le mariage. 

Ils demandèrent au café si Laurence aurait accepté d’être leur témoin. Très émue et sans verser une seule larme de joie pour se montrer forte, elle accepta avec un grand sourire. 

Une fois sortis du resto, ils se serrèrent très fort dans les bras. 

Il y avait une silhouette immobile dans la pénombre, à une trentaine de mètres. Une femme avec un chapeau, qui serrait très fort sont sac. Elle semblait sangloter.

Robert leva sa tête, pris le bras de Hugo. 

Laurence se retourna : "... Maman?"

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Boutique Cédric Grolet

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IPPUDO Les Halles

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